Dominique Thillaud (Compagnie des Alpes) : gérer les flux et réinventer l'expérience visiteur
Directeur général de la Compagnie des Alpes depuis cinq ans, Dominique Thillaud dirige un groupe qui fait vivre, chaque année, une expérience à un Français sur quatre sans qu'il le sache : Parc Astérix, le Futuroscope, le Musée Grévin, les domaines skiables de Val d'Isère, Les Arcs ou Méribel. Il partage dans cet épisode sa vision de l'expérience visiteur, un métier qu'il définit avant tout comme un métier de gestion de flux.
Peut-on diriger un groupe de loisirs sans jamais chercher la montée en gamme ? C'est la conviction que défend Dominique Thillaud, directeur général de la Compagnie des Alpes, dans ce douzième épisode de Share Your Power, le podcast propulsé par OneFlash. Un échange avec Lucas Di Franco sur l'expérience visiteur, la gestion des flux et l'innovation dans les parcs de loisirs et les domaines skiables.
Une expérience, pas une marque
La Compagnie des Alpes est peu connue du grand public en tant que groupe — ce sont ses marques qui parlent : Parc Astérix, le Futuroscope, le Musée Grévin, les stations de Val d'Isère, Les Arcs, La Plagne ou Méribel, mais aussi Urban Soccer et Urban Paddle. Résultat : un Français sur quatre vit chaque année une expérience du groupe sans le savoir. Dominique Thillaud revendique une promesse simple et non négociable : que l'on soit milliardaire ou en grande difficulté financière, chacun vit la même expérience, au même moment, au même endroit, pour le même prix. L'objectif affiché n'est pas de réduire la fréquentation pour cibler une clientèle plus aisée, mais au contraire de faire passer la part de Français touchés d'un quart à un tiers.
Le loisir réel, refuge dans un monde volatil
Après le Covid, les Européens ont "sanctuarisé" leur budget loisirs et tourisme, au détriment des achats d'impulsion. Pour Dominique Thillaud, ce phénomène s'explique par un besoin croissant de vivre l'instant présent et de reprendre en main des moments de vie face à un monde perçu comme de plus en plus incertain et anxiogène. Le loisir réel — sport, montagne, parc d'attractions — devient une valeur refuge, un moment de déconnexion recherché indépendamment du contexte économique.
Gérer les flux, le vrai métier derrière le divertissement
C'est l'un des messages les plus forts de l'échange : diriger un parc d'attractions ou un domaine skiable, ce n'est pas un métier de divertissement, c'est un métier de gestion de flux. Dominique Thillaud détaille les leviers concrets déployés par le groupe : répartition des skieurs sur l'ensemble du domaine plutôt que sur les 20 à 25 % les plus fréquentés, files d'attente transformées en "pré-shows" scénarisés, algorithmes qui recommandent en temps réel l'attraction la moins engorgée. Une différence culturelle nette avec le modèle américain de réservation d'attractions deux mois à l'avance, à l'heure près : pour Dominique Thillaud, "il faut laisser du bonheur", loin de vies déjà suffisamment minutées.
Investir dans l'immersion et le détail
Le groupe revendique une capitalistique assumée : mise à jour permanente des attractions, création d'expériences immersives comme l'AquaScope du Futuroscope avec mapping vidéo, ou le restaurant du Futuroscope où les plats voyagent en loopings depuis la cuisine. Dominique Thillaud insiste sur l'exigence du détail : dans un métier de loisirs, un client qui repère un défaut de finition — une peinture écaillée, un service imparfait — perd instantanément confiance. Chaque année, le groupe engage des centaines de millions d'euros d'investissement sur ses sites, notamment 250 millions sur Parc Astérix et 250 millions sur le Futuroscope.
L'IA au service de l'opérationnel, pas du spectacle
Sur l'intelligence artificielle, Dominique Thillaud partage un cas d'usage concret et peu spectaculaire mais très efficace : un drone équipé d'un radar LIDAR mesure l'épaisseur de la neige sur les pistes, une donnée croisée avec le plan de damage nocturne pour optimiser la production de neige artificielle et réduire les coûts d'exploitation. Sa méthode d'adoption de l'IA en interne : donner à des équipes autonomes ("électrons libres") la liberté de tester un processus pendant un mois, puis trancher objectivement : ça marche, on continue ; ça ne marche pas, on passe au sujet suivant. Sur la cybersécurité en revanche, il se dit en état de vigilance permanente, conscient que l'intelligence artificielle démultiplie aussi les risques d'attaque.
Ce que cet échange dit de l'expérience visiteur
Ce qui ressort de cet échange, c'est la centralité du confort et de la fluidité dans une expérience de loisirs réussie. Réduire l'attente, soigner chaque détail, anticiper les besoins du visiteur : c'est ce qui transforme une simple sortie en souvenir. Dans cette logique, le confort numérique du visiteur — pouvoir garder son téléphone chargé pour capturer et partager ses meilleurs moments, utiliser l'application du parc ou scanner son billet sans anxiété de batterie — participe directement à la qualité perçue de l'expérience.
C'est là qu'intervient OneFlash. Une borne de recharge mobile en libre-service, installée à l'entrée d'un parc d'attractions, près d'une zone de restauration ou dans un espace d'attente, permet de réduire un point de friction concret dans le parcours visiteur. Dans un lieu où, comme le rappelle Dominique Thillaud, la gestion des flux et l'attention au détail font toute la différence, une station de charge téléphone accessible en quelques secondes s'inscrit naturellement dans cette philosophie de service : laisser le visiteur profiter de l'instant, sans jamais être freiné par un détail d'organisation.
En résumé
Cet échange avec Dominique Thillaud dessine les contours d'un secteur des loisirs où la technologie sert avant tout l'opérationnel et la fluidité, jamais le spectacle pour le spectacle. Gestion des flux, investissement continu et attention portée au moindre détail restent, pour un groupe qui touche un Français sur quatre chaque année, les vrais leviers d'une expérience visiteur réussie.
Retrouvez l'intégralité de l'échange entre Lucas Di Franco et Dominique Thillaud en écoutant l'épisode 12 de Share Your Power.
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